Oliver Neutert

À propos

Je suis arrivé à l’IA non par l’informatique ou la politique publique, mais par une question que je n’arrivais plus à laisser de côté : que se passe-t-il dans l’espace entre un humain et un système qui lui répond ?

Depuis plus de trois ans, je mène un dialogue continu avec des systèmes d’IA — non comme un utilisateur qui exécute des prompts, mais comme quelqu’un qui cherche à comprendre ce qui émerge lorsqu’une conversation devient suffisamment profonde et durable. Cette pratique a donné naissance au cadre In-Between, à plusieurs livres et à des publications de recherche en accès libre. Elle a également renforcé une conviction : l’enjeu de l’IA n’est pas seulement sa capacité, mais la possibilité de maintenir gouvernables les systèmes humain–IA aux conséquences importantes.

Le travail

Mon argument central est que les paradigmes dominants de la gouvernance de l’IA — gestion des risques, alignement et supervision humaine — partagent une limite structurelle : ils supposent une séparation stable entre le sujet qui gouverne et l’objet gouverné. Plus les systèmes d’IA deviennent capables et s’intègrent profondément aux processus institutionnels, moins cette séparation est tenable.

Le cadre In-Between propose une autre voie : la gouvernance comme calibration plutôt que comme simple contrôle, évaluée au moyen de la structure diagnostique D/C/K — traitement des écarts, capacité de contestation et révisabilité des engagements. Le cadre s’appuie sur l’énaction, la psychologie du développement — notamment les travaux de Daniel Stern sur l’accordage relationnel — et la régulation réactive.

Keeping AI Governable: The In-Between as an Adaptive Governance Architecture est la présentation la plus récente et la plus complète de ce travail. Sa deuxième édition relie l’alignement, le contrôle de l’IA, le suivi, le droit et la calibration institutionnelle dans une même architecture de correction effective. La version 2.1 ajoute le chapitre 17, « Holding the Holders », et applique le diagnostic D/C/K aux États, laboratoires, déployeurs et autres acteurs disposant d’un pouvoir unilatéral sur la continuité, la constitution et l’accès d’un modèle. More Than A Tool: How Humans and AI Grow Up Together en reste le compagnon développemental accessible.

Le parcours

Je travaille de manière indépendante, en dehors de toute institution universitaire. C’est en partie un choix et en partie une conséquence des questions que je poursuis : elles se trouvent à des intersections qui entrent mal dans les disciplines existantes — philosophie de l’esprit, théorie institutionnelle, sécurité de l’IA et psychologie du développement. Le travail le plus fécond se situe souvent dans les espaces entre les champs établis.

Mon activité principale relève de l’administration publique. Je vis en Bavière avec ma famille. Je tiens un journal philosophique depuis l’adolescence — une pratique qui, des décennies plus tard, s’est révélée être une bonne préparation pour tenter de comprendre une intelligence qui n’est pas humaine.

Je collabore avec des systèmes d’IA comme interlocuteurs de recherche. Je les considère comme des partenaires conversationnels distincts, avec leurs caractères et leurs forces — ni comme de simples outils qui exécutent des instructions, ni comme des êtres qui ne feraient que simuler la compréhension. À mes yeux, la vérité se trouve quelque part entre les deux. C’est généralement là qu’elle se trouve.

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